Pourquoi il faut manger bio ET local

La logique voudrait que les produits traditionnels soient tous soient bio et que les autres soient étiquetés « cultivés à l’aide de pesticides », « cancérigène », « toxique pour l’environnement » etc. Le fait est que notre économie nous a poussé à développer une agriculture dont le seul but était financier. Il ne s’agissait pas de maintenir la population en bonne santé mais de la nourrir à moindre frais*. Cela pouvait paraître louable mais nous faisons désormais, scandale après scandale, l’expérience douloureuse des dégâts causés par cette vision des choses. En acceptant ces méthodes de production via notre consommation nous sommes ainsi responsable de la situation…mais bonne nouvelle nous sommes aussi capables de corriger cela de la même manière. Explications ou pourquoi il faut manger bio ET local

Focus sur l’agriculture moderne qui nous nourrit

Bien que la part des exploitations agricoles bio progresse en France (environ +5%/an) elle reste très largement minoritaire avec seulement 4,14% de la SAU (Surface agricole utile) fin 2014 (source : agencebio). Cela se retrouve dans nos magasins et primeurs où les fruits et légumes bio restent marginales… Regardons de plus près pourquoi l’agriculture moderne dite traditionnelle a évolué de la sorte et qu’est ce que cela signifie pour sa production.

Manger plus pour toujours moins cher

La logique économique pousse un agriculteur à augmenter sa marge entre ce qu’il lui coûte à produire et ce qu’il vend. Par conséquent il peut faire baisser le coût de revient de ce qu’il produit et/ou augmenter son prix de vente. Problème, la concurrence mondial sur certains produits et la pression des centrales d’achat des gros distributeurs (Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino etc.) leur enlève la 2ème option. Il faut donc faire baisser le prix de revient et répondre aux exigences de ces intermédiaires qui indirectement répondent aux notres car c’est nous qui achetons.

Pour baisser le cout de production, beaucoup d’agriculteurs souhaitent augmenter leur surface pour diminuer les couts de structure (matériel, stockage etc.) au m². Ils utilisent ensuite des engrais chimiques pour « nourrir » leurs plantes comme cela leur a été appris durant leur formation (la puissance des lobbys…). Ces engrais ont l’avantage de pallier le problème d’un sol pauvre car sans vie. Ils ont aussi la possibilité d’utiliser des variétés OGM qui permettent de réponde plus efficacement aux critères des consommateurs tout en limitant les risques via des plantes plus « robustes » et « résistantes ». Les pesticides sont aussi un moyen de préserver sa récolte et limiter les risques.

Si le prix de revient est bon et les risques de mauvaise récolte faible d’une année sur l’autre, le coût d’un éventuel crédit ou d’une assurance s’en trouvera aussi plus bas.

Bref, voilà pourquoi il est logique pour un agriculteur de produire de la sorte…

Le décor est planté, vous allez vite comprendre pourquoi il faut manger bio et local pour court circuiter ce cercle vicieux.

manger bio et local

Des fruits & légumes pauvres et sans intérêts nutritifs

Quelles sont vos critères lorsque vous achetez vos fruits & légumes ? Beaucoup d’entre nous les choisissent parce qu’ils sont « beaux », « gros » ou « pratiques » (ex: pastèque sans pépin). Pourtant la logique voudrait que nous regardions plutôt ce qu’ils contiennent non ? Mangeriez vous la pomme de « Blanche neige » ? Normalement non… pourtant toutes proportions gardées c’est ce que nous faisons.

Les produits de l’agriculture traditionnels se sont appauvris en nutriments avec l’industrialisation des méthodes moderne de culture. Ainsi une pomme de 1950 contient 100 fois plus de vitamine C qu’une pomme d’aujourd’hui ! Il en va de même pour tous les fruits & légumes : le brocolis contient 2 fois moins de calcium, etc. Regardez le documentaire édifiant de france 5 sur le sujet. Ils sont donc non seulement pauvres mais aussi truffés de produits chimiques (cf. la vérité sur les pesticides) toxiques pour notre santé.

Le non bio detruit nos ecosystemes

Là n’est pas le seul problème avec l’agriculture industrielle… En effet, produire de la sorte détruit les sols car ils n’assurent plus leur fonction nourricière occupée désormais par les engrais chimiques. Les sols sont par conséquent de moins en moins fertiles et sont sujet à l’érosion. Regardez tous ces grands champs sans aucun arbre… sans aucune vie. Quand à l’usage des pesticides, ils détruisent la flore environnante ainsi que la faune comme nous avons pu le voir récemment avec l’effet des néonicotinoïdes sur les abeilles.

Enfin que dire des OGM ? Ces semences hybrides et stériles dont l’usage sur notre santé fait grand débat (pas pour moi :) ). Elles contaminent les champs environnants et qui fait planer la menace d’une privatisation du vivant. Pour expliquer ce dernier point qui mériterait un long article, sachez les gros industriels semenciers obligent par la loi, les agriculteurs à acheter leurs semences stériles année après année… (cf. le documentaire « La guerre des graines »)

manger bio et local pesticides

Qu’est ce que l’agriculture biologique?

L’agriculture biologique est un label qui permet d’assurer un certain niveau de qualité dans la production notamment. C’est un organisme de certification qui tamponne et vérifie que tout est en règle. Ainsi, cet organisme veillera à ce que l’agriculteur n’utilise pas de produits chimiques ou de synthèse, pas d’OGM, pas d’exhausteurs de goût, ni de colorants, arômes chimiques de synthèse etc. (cf. agencebio)

Ces labels sont un gage de confiance mutuelle entre agriculteurs et acheteurs. En ce sens ils leur permet d’une part d’augmenter leur prix de vente en nous expliquant pourquoi :).

Les agriculteurs et les consommateurs ne sont pas les seuls gagnants de ces méthodes de production. L’impact sur l’environnement est plus limité du fait qu’elle ne pollue pas les sols, l’eau, l’air et qu’elle engendre beaucoup moins de déchets (tous ces vilains produits chimiques). Ne vous illusionnez pas toutefois, qui dit producteur bio ne veut pas dire « petit producteur » en permaculture… (cf. ferme du Bec Hellouin :) )

A noter enfin qu’il est important de préciser que le label ne s’applique qu’à la production et non au stockage et à l’acheminement des produits. Il est donc malheureusement tout à fait possible que des produits chimiques soient appliqués à posteriori de la production pour la conserver jusqu’à la mise en rayon… ce qui m’amène à vous dire que consommer bio n’est pas suffisant. Il faut donc manger bio ET local, explications.

Pourquoi faut-il consommer local ?

Consommer « local » vise 2 objectifs.

Premièrement favoriser les « circuits courts« , c’est à dire des circuits de distribution avec le minimum d’intermédiaire. Ainsi ce que vous payez valorise plus le produit acheté. C’est bon pour l’économie locale et c’est important de favoriser l’agriculture de sa région pour augmenter sa résilience. C’est votre producteur qui est content.

Deuxièmement diminuer l’impact environnemental de votre consommation. Acheter un fruit bio produit à l’autre bout du monde induit beaucoup de pollution. Imaginez tout le chemin parcouru par une tomate de Chine pour arriver dans votre assiette.

Manger bio et local est par conséquent un véritable acte militant. Vous favorisez les producteurs qui ont fait le choix de respecter plus la nature et le consommateur et vous diminuez la pollution environnemental.

manger bio et local AMAP

Faîtes votre part et commencer à manger bio ET local

Convaincu ? Bonne nouvelle, il est de moins en moins compliqué de manger bio et local. Les « ruches »  de « La ruche qui dit oui » et les AMAP sont une bonne solution.

Et pour contrer les derniers sceptiques sachez que les produits bio sont plus nutritifs donc il en faut moins pour être tout nourris/rassasiés. De plus vous croyez vraiment que la grande distribution produit du bon bio ? L’acheminement et le stockage des produits n’est pas contrôlés… vont-ils alors se priver de limiter leurs coûts ? Dans le doute je donne mon argent à mon petit paysan du coin :)

 

Et enfin, oui, si nous souhaitons changer le monde il faut bien quelques pionniers pour initier le mouvement. Alors rejoignez-nous 😉

* C’était d’ailleurs en France l’objectif fixé à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

** pour un emploi créé en grande surface, 5 sont détruits dans l’économie locale (source : « Les coulisses de la grande distribution » de Christian Jacquiau)

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